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Record d'Europe d'altitude pour une fleurs valaisanne !

Ajout?e 26.05.2011 par Laurent Javault

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Cela pourrait commencer comme un conte pour enfants : un beau matin, le vent, de sa main délicate, déposa une poignée de graines, très haut, là-bas, près du sommet du Dom. Puis il s'en fut, content, vers d'autres horizons. Content aussi de sa malice…

Mais oui, en plaçant ainsi ces graines de "Saxifraga oppositifolia" à 4 505 m d'altitude, le vent permettait à ces fleurs de battre un record d'Europe !

Il fallait tout de même pour constater cela l'oeil d'un juge impartial. Ce sera Christian Körner, botaniste à l'université de Bâle.

En gravissant récemment les pentes du Dom, Christian devait avoir en tête une précédente découverte, tout près de ce même sommet en 1978 : une "Saxifraga biflora" à 4 450m. Incroyable. Allait-il faire une découverte similaire, ou bien rentrer bredouille ? Le voici qui grimpe encore, qui s'approche tout près du sommet du Dom qui rappelons-le pointe à 4 545m, troisième sommet des Alpes. Et si la fleur découverte en 1978 n'avait été qu'une exception, un accident de la nature ? C'est alors qu'il aperçoit un chapelet de "petits coussins plantureux et florissants" comme il l'expliquera plus tard...

Le botaniste s'approche, vaguement incrédule sans doute, mais oui, ce sont bien des fleurs, de couleur violacée, et son oeil expert n'a aucune peine à leur donner un nom : "Saxifraga oppositifolia". Christian note scrupuleusement l'altitude à laquelle il se trouve : 4 505m. Nouveau record d’Europe ! Et en Valais s’il vous plaît !

Mais comment une fleur peut-elle vivre à 4 500 mètres d'altitude ?

Pour se permettre ainsi de déployer ses pétales à une telle altitude, "Saxifraga oppositifolia" adopte finalement une technique assez zen : plutôt que de résister au froid, elle gèle.

Au petit matin, lorsque le soleil vient frotter son museau sur le sommet du Dom, la saxifrage se débarrasse de son cristal et, même si la température s’en tient à zéro degré, elle parvient à se réchauffer au point d’atteindre 18°. Durant la journée, elle n’a plus qu’à regarder passer les alpinistes, sans doute aussi les botanistes... et pourquoi pas bientôt les journalistes !

Enfin non. Laissons-là plutôt tranquille. Nous serions capables de lui marcher dessus avec nos gros sabots. Du haut de ses 4 505m "Saxifraga oppositifolia" nous contemple, et elle doit se dire qu'en effet les hommes, finalement, ne vivent pas plus haut que les pâquerettes…




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